Platines au féminin : La Centrafrique célèbre ses premières femmes DJs à l'Alliance Française de Bangui
Orphé Zaza BAMOY
Auteur OAZ

La Fédération Centrafricaine des DJs a remis ce 13 juin 2026 les attestations de la toute première promotion de femmes DJs du pays. Une révolution musicale et sociale qui s'est déroulée à l'Alliance Française de Bangui, marquant un tournant historique pour la nuit et la culture centrafricaines.
Une scène enflammée pour une première historique
Sous les projecteurs de la salle polyvalente de l’Alliance Française de Bangui, deux platines trônent devant une bâche où est inscrit en grands caractères : « La révolution musicale au féminin ». Sept jeunes filles se succèdent aux commandes pour des démonstrations de mixage de 5 minutes chacune.
Elles enflamment un public d'une cinquantaine de personnes au rythme des bars-dancings et des boîtes de nuit, sous des tonnerres d’applaudissements. Entre deux sessions, des artistes locaux assurent des transitions musicales survoltées. L'événement s'est clôturé par une remise d'attestations, décernées par des acteurs culturels venus honorer la cérémonie de leur présence. Cette formation 100 % féminine en DJing vient briser les stéréotypes dans un milieu traditionnellement masculin en RCA.
L'art du mixage : Une formation intensive et technique
Au cœur de cette formation, la théorie a rapidement rejoint la pratique. Les participantes ont dompté les techniques professionnelles du mix, maîtrise des différents genres et rythmes musicaux, utilisation des logiciels spécialisés, gestion d’harmonisation des tonalités, techniques de transition et contrôle des vitesse du tempo.
Un projet de longue date, comme le souligne DJ Tanguy, l'un des initiateurs : « Cette formation est pensée depuis près d’une vingtaine d’années. Elle est née du constat de l’absence flagrante des femmes dans notre milieu, alors que nous en rencontrons beaucoup à l'international lors des festivals. »
Pour Fallone Lelong (Dj Faltasia) , l'une des lauréates, ce projet est l'aboutissement d'une passion : « Je suis amoureuse de la musique et du monde de la nuit depuis des années. Cette formation était une opportunité en or pour moi. Avant cela, je n’avais jamais touché à une platine, je n’avais jamais mixé. J’avais juste une idée en tête, sans savoir comment faire. Malgré une grosse peur du pitch au début, je me suis lancée par amour pour la musique et grâce aux formateurs. Aujourd’hui, c’est une réussite totale : je sais mixer et faire danser le public ! »
Vers un paysage culturel plus paritaire
Au-delà de la performance artistique, cette initiative porte une ambition sociale forte. Elle va permettre de rééquilibrer la parité au sein de la communauté des DJs et d'intégrer enfin des femmes derrière les platines des boîtes de nuit de la capitale.
De plus, ces nouvelles compétences contribueront à renforcer la qualité technique des animatrices de radio et à enrichir durablement le paysage artistique et musical centrafricain.